Forum Fantastikindia

Statut de la femme en Inde

Démarré par Masette, 03 Mai 2008 à 14:47:32

« précédent - suivant »

Masette

Bonjour,

Je sais que le sujet n'est pas très très fun mais c'est une question que je me pose depuis que j'ai vu KKKG.

Les valeurs familiales et les relations entre les personnes en Inde sont éminemment différentes de celle qui existent en Occident et je me pose la question du statut des femmes là-bas.

J'ai cru comprendre au travers des différents films que j'ai pu voir (donc une vision un peu biaisée de la réalité) qu'une veuve ne peut pas se remarier, une divorcée est une paria, et une orpheline doit une reconnaissance éternelle et absolue a ceux qui ont eu le grand coeur de la recueillir.

Dois-je comprendre que, comme dans certains pays, la femme n'a qu'un statut d'enfant, gérée par son père puis par son mari et que si l'un ou l'autre manque, elle n'est plus rien ?

Où est-ce que les femmes sont les égales des hommes légalement mais pas culturellement ???

Et surtout que deviendrait Kajol et sa soeur dans KKKG si SRK ne l'épousait pas ?  :think: :!:

Et puis qu'est-ce que c'est que "gulab jamun" dans les émoticônes ?

Juhi

Concernant la place de la femme en Inde, je ne sais pas trop: je ne pense pas que légalement il y ait une différence (l'Inde est quand même un pays démocratique et son président est d'ailleurs une femme) mais culturellement oui, et cela varie avec la situation sociale des familles (Une fille née dans un un milieu rural et pauvre n'a pas les mêmes chances qu'une fille née dans un milieu urbain et aisé). La meilleure preuve est le déséquilibre entre les naissances de filles et de garçons, la fille est souvent considérée comme un poids (dot). :(
Elle ne doit pas non plus faire preuve de trop d'indépendance (J'ai fini le livre "Mariage à l'indienne", où l'héroïne, partie aux Etats-Unis travailler a un peu de mal à se trouver un mari car considérée comme trop indépendante).

Quant au gulab jamun, c'est une spécialité indienne sucrée à base de lait qui ressemble à ça:

C'est super bon. :P

Meldon

#2
Gulab Jamun?  :mrgreen:



Des pâtisseries au sirop.  ;)

Pour le statut de la femme, nous dirons, pour rester poli, que l'Inde est très majoritairement resté une société patriarcale où la femme a tous les droits et surtout celui de se taire. Les incidents de cuisine sont nombreux, les belles fille en particulier ont la fâcheuse manie de se renverser du kérosène dessus et d'accidentellement craquer une allumette. Les filles sont le plus souvent des fardeaux (moins robustes pour travailler, dot à fournir pour les mariages, etc.) d'où le pays où les infanticides sont les plus nombreux et où le pourcentage de femmes est un des plus faibles (voir Matrubhoomi peut être intéressant d'ailleurs à condition d' avoir le cœur bien accroché). On a quelques articles sur le site. Je chercherai un peu mieux plus tard.  ;)

Edit: flûte grillé pour les gulab!! :mrgreen:

Lebnan YA Habib El 3omr (Liban, mon seul amour)

Masette

Merci beaucoup pour vos réponses.

Quelqu'un que je connais m'a également dit que les  :gulam: étaient des pâtisseries délicieuses, à voir si je pourrais en goûter un de ces jours... :P

Sinon d'après vous que deviendrait Kajol dans KKKG si SRK ne l'épousait pas (simplement une vieille fille ou pire ?)

lafrarie

#4
sa tante (DJ) se serait peut-être empressée de lui trouver un mari...sûrement moins fun que Srk (elle n'aurait probablement pas rêvé avec lui de pyramides en Egypte ^^)
........./)/)........
      =(';')=
   ,,,(")' '("),,,

Dr. Rajkumar

Par rapport au statut de la femme aujourd'hui en Inde,

Lorsque j'étais dans cette grande université à Bangalore ("IISc" quelqu'un connait ?), je trouvais que garçons et filles étaient  très "évolués" (désolé, j'ai pas trouvé mieux...) sur cette question. Du genre à confirmer l'idée reçue qu'un niveau d'éducation élevé fait évoluer les moeurs.

Et puis un jour j'ai demandé a Senthil, un ami Tamoul, qui sortait depuis longtemps avec une demoiselle du labo d'en face, s'il pensait déjà au mariage.

Il m'a répondu qu'il attendrait d'avoir terminé sa thèse et puis qu'il n'épouserait pas une fille qui a le même niveau d'éducation que lui sinon il aurait un dotte moins importante... :-\ :-\ :-\




Suraj974

ouais la traditions est encore très présente on dirait
Et une vieille fille en Inde, je crois pas que ca existe ! ou alors si, quand elle est veuve.
- Avant de vouloir changer le monde commence par te changer toi même -I am fluent in Sarcarsm

lalita

Citationouais la traditions est encore très présente on dirait
Et une vieille fille en Inde, je crois pas que ca existe ! ou alors si, quand elle est veuve.

Si si, moi j'en connais une. La soeur d'SRK, elle s'est jamais mariée  ^^
Vas-y clic pour TAHO !!

http://www.myspace.com/taholian

Dr. Rajkumar


Pour mieux comprendre ce que ça peut être qu'une vie de vieille fille en Inde, je vous conseille ce roman

L'Equilibre du Monde de Rohinton Mistry

Tragique et drôle a la fois

Dr. Rajkumar

Citation de: Dr. Rajkumar le 05 Mai 2008 à 13:50:05

Pour mieux comprendre ce que ça peut être qu'une vie de vieille fille en Inde, je vous conseille ce roman

L'Equilibre du Monde de Rohinton Mistry

Tragique et drôle a la fois


Oups, je viens de me rapeller.

L'heroinbe n'est pas une vieille fille mais une jeune veuve  :-\ :-\ :-\

C'est pas grave, je vous le recommende quand même

zaara

Citation de: Dr. Rajkumar le 05 Mai 2008 à 13:51:40
Citation de: Dr. Rajkumar le 05 Mai 2008 à 13:50:05

Pour mieux comprendre ce que ça peut être qu'une vie de vieille fille en Inde, je vous conseille ce roman

L'Equilibre du Monde de Rohinton Mistry

Tragique et drôle a la fois


Oups, je viens de me rapeller.

L'heroinbe n'est pas une vieille fille mais une jeune veuve  :-\ :-\ :-\

C'est pas grave, je vous le recommende quand même

du coté littérature, il me semble que dans "compartiment pour dames" l'héroïne était une femme célibataire ( et non "vieille fille".. :roll:)


Didi

Un article très intéressant sur le "Gang rose", un gang en sari qui s'est constitué pour lutter par différents moyens (pression, jet du code Civil sur la tête d'un officier de police, etc.) contre les injustices et maltraitances faites aux femmes.
Justement, dans ce Code Civil figure l'abolition de la dot depuis 1961, l'âge légal du mariage pour les filles à 17 ans depuis 1976, etc. mais visiblement, il est très peu respecté (doux euphémisme)  :mrgreen: :mrgreen:

La justice en sari rose
CitationReportage
Inde : la justice en sari rose
LE MONDE | 08.05.08 | 14h41  •  Mis à jour le 08.05.08 | 14h41

ntourée de paysannes enveloppées dans des saris roses, Chunna Devi, un bandage autour du front, sort de son sac en plastique des foulards maculés de sang. "Regardez ce qu'ils m'ont fait. A cinq, ils m'ont jeté des briques et ont donné des coups de bâton à moi et à ma fille", lance-t-elle à la foule. Quatre jours plus tôt, cette habitante d'un petit village du sud de l'Uttar Pradesh, une région pauvre du nord de l'Inde, avait tenté de repousser des assaillants. Transportée sur un lit au commissariat le plus proche, elle a déposé plainte, sans que les policiers y donnent suite. "Ils ont été payés pour abandonner l'enquête", soupire Chunna Devi. Le "gang rose" constitue sa dernière chance. En la fixant de ses yeux verts, Sampat Pal Devi, la chef de ce gang, promet de lui rendre justice. Elle ira bientôt au commissariat avec des dizaines de "soeurs", toutes vêtues de rose et munies de bâtons.

Dispersées dans de nombreux villages, elles sont environ 200 justicières prêtes à intervenir à tout moment pour défendre la cause des femmes maltraitées par la justice et les forces de l'ordre. A la moindre alerte, elles enfilent leur sari de combat et saisissent leur bâton. "Personne ne nous vient en aide. Les fonctionnaires et la police sont contre les pauvres. Nous sommes obligées de faire respecter nous-mêmes la loi", justifie la fondatrice du gang, Sampat Pal Devi.

Au sud de l'Uttar Pradesh, dans le district de Bundelkhand, un des plus pauvres du pays, les filles n'ont pas le même droit à la vie que les garçons. Nombre de femmes pratiquent des avortements clandestins lorsqu'elles apprennent que leur enfant est une fille, pour éviter de payer une dot au moment de son mariage. Résultat, la région ne compte, en moyenne, que 825 femmes pour 1 000 hommes. Et quand elles voient le jour, rares sont celles à pouvoir se rendre à l'école. Près des trois quarts des femmes sont analphabètes.

Sampat Pal Devi connaît bien ces injustices pour les avoir subies elle-même, dès sa plus tendre enfance. A l'âge de 9 ans, elle quitte les bancs de l'école après avoir été mariée de force à l'époux de sa soeur qui venait de décéder, puis accouche, quatre ans plus tard, de son premier et unique enfant. "J'ai appris à lire et à écrire, seule, la nuit, puis j'ai convaincu mon mari de nous installer en ville."

Tandis qu'elle vend du thé sur le bord d'une route, Sampat Pal Devi recueille, derrière son comptoir, les premières confidences des femmes maltraitées. Son premier fait d'armes date d'il y a une vingtaine d'années, quand elle a mobilisé une communauté villageoise pour forcer un homme à renoncer à abandonner son épouse. "Les deux époux sont comme les deux roues d'un tracteur, ils ne peuvent avancer dans la vie qu'ensemble", assène la chef du gang. En créant il y a deux ans ce "gang rose", Sampat Pal Devi, 47 ans, reconnaît s'être inspirée de Rani Laxmibai, une reine qui en formant sa propre armée en 1857 avait tenu tête aux troupes britanniques pendant plus d'un an. "Une femme peut mettre en échec les plus puissants", en a-t-elle conclu. C'est elle qui a choisi le rose pour habiller ses justicières, une couleur que les femmes du gang n'avaient pas l'habitude de porter.

A son quartier général, situé au bord d'une artère poussiéreuse de la bourgade d'Atarra, la plupart des alertes parviennent par téléphone. Mais, ce jour-là, ce sont des agriculteurs, écrasés par le poids de leurs dettes après trois ans de sécheresse, qui sont venus prier le gang de leur venir en aide. Les paysannes adulent la chef du gang comme une déesse. Dès sa descente de voiture, elles effleurent sa tête de leurs mains. "Le gouvernement ne fait rien pour notre estomac", se lamente l'une d'elles. "Inscrivez-vous au gang, et habillez-vous de saris roses, lui répond aussitôt Sampat Pal Devi, et nous irons demander ensemble aux banques de soulager vos dettes."

Si le "gang rose" n'accepte que les femmes, c'est que, de ce fait, "les policiers réfléchissent à deux fois avant de nous disperser à coups de matraque", glisse une des membres, le visage caché derrière un voile rose. Jusqu'à présent, leur bâton n'a encore jamais servi à donner des coups, mais les femmes s'entraînent, par prudence, au maniement du lathi, le bâton en bois d'ordinaire réservé aux hommes lorsqu'ils travaillent dans les champs.

Les formations sont dispensées dans les cours des villages, au rythme des chansons composées par Sampat Pal Devi. "A l'entraînement, on fait comme si on avait un inspecteur de police devant nous", explique une élève qui vient de fêter ses 70 ans. Le "gang rose" ne revendique qu'un seul acte de violence : un exemplaire du code civil a été lâché sur la tête d'un inspecteur qui refusait de donner les raisons de l'incarcération d'un jeune homme issu de la caste des intouchables. Ce dernier fut libéré, et la responsable de l'"agression" fut, elle, retenue au commissariat pendant toute une journée. "Le code civil aura au moins servi à quelque chose", ironisent les membres du gang.

Les lois qui règnent dans le district du Bundelkhand ne sont pas toutes inscrites dans le code civil. Un policier, plongé dans la lecture de son journal dans la cour du commissariat d'Atarra, le reconnaît lui-même : "Ici, les hommes politiques sont corrompus et soutiennent la mafia. Nous ne sommes que 20 policiers pour débusquer des mafieux qui ont chacun plus de 50 hommes armés sous leurs ordres."

Parmi les trafics les plus répandus, celui des cartes de rationnement destinées aux plus pauvres : de fait, elles sont souvent délivrées à ceux qui acceptent de débourser quelques roupies. En deux ans, le gang a brûlé, à trois reprises, des cartes de rationnement "illégales" collectées dans les villages. "Et nous ne comptons pas nous arrêter là tant que nous serons les esclaves de fonctionnaires qui sont censés nous servir", indique Jai Prakash, le bras droit de Sampat Pal Devi, avant de conclure : "Marx a changé le cours de l'histoire en écrivant ce qu'il voyait. On tente de faire la même chose en expliquant aux villageois ce que l'on voit."

Ce qu'elles voient, ce sont des inégalités entre hommes et femmes qui perdurent en Inde. Dans le classement de l'indice sur l'inégalité entre les sexes, publié en 2007 par le Forum économique mondial, l'Inde arrive au 114e rang, sur une liste de 128 pays. En termes de "participation des femmes à la vie économique", ce pays chute même au 122e rang. Seuls 3 % des postes de cadres et 21 % des postes d'employés sont occupés par des femmes. Ce phénomène s'explique notamment par l'inégalité des sexes dans l'accès à l'éducation : seulement 48 % des femmes savent lire et écrire, contre 73 % des hommes.

La réclamation d'une dot à la femme au moment de son mariage conduit à de nombreux actes de violences domestiques. En 2006, 40 % des femmes ont déclaré en être victimes, d'après l'enquête nationale sur les familles menée par le gouvernement. Une loi destinée à lutter contre ce fléau n'est entrée en application qu'en 2007. En Inde, une femme est violée en moyenne toutes les demi-heures et une femme est tuée toutes les soixante-quinze minutes, révèle un rapport publié en 2006 par le bureau national de la criminalité.

Les changements d'attitude sont déjà perceptibles dans la zone d'influence du "gang rose". Dans le petit hameau de Tanal, le long d'un canal asséché au fond duquel les squelettes de buffles reposent sur une terre craquelée, un vieux monsieur observe de loin les jeunes femmes vêtues de saris roses tenir leur réunion. "On avait le drapeau indien pour nous sortir de la colonisation britannique, désormais on a besoin de leur sari rose pour nous sortir de la corruption", estime-t-il, le menton posé sur sa canne.

Dans l'Uttar Pradesh, les habitants perdent progressivement espoir en leurs élus, y compris ceux qui appartiennent à leur caste. L'année dernière, une femme issue des basses castes, Mayawatti Kumar, a été élue à la tête de l'Etat. Mais, depuis son élection, le village n'a eu droit qu'à une statue de la figure historique des intouchables : le docteur Ambedkar, représenté en costume cravate, un livre à la main, trône au milieu d'enfants qui jouent dans la poussière. Les villageois, eux, attendent toujours l'électricité et la construction d'une route. "Une fois au pouvoir, tous les politiques nous oublient. Notre dernier espoir repose sur le "gang rose"", lâche une femme en nettoyant des ustensiles de cuisine dans une flaque d'eau noirâtre.

Rançon de ses premiers succès, le "gang rose" a vu éclore ses premiers contempteurs. "Sampat Pal nous accuse de tous les maux pour gagner les élections", estime un fonctionnaire local, les mains posées sur son bureau, entre un encrier et deux téléphones cellulaires. Même si elle s'est présentée aux dernières élections, Sampat Pal Devi se défend de faire de la politique. Sonia Gandhi, la présidente du Parti du Congrès, actuellement au pouvoir, l'a pourtant invitée à New Delhi pour lui proposer de rejoindre les rangs de son parti. Sampat Pal a refusé tout net : "On ne peut pas défendre un parti politique et les opprimés. Le jour où je rentrerai en politique, je perdrai ma crédibilité."

Julien Bouissou (Envoyé spécial)

Masette

Merci pour vos réponses et pour ton article Didi, très intéressant. Je ne serais pas étonnée que Bollywood en fasse bientôt un film  :P

PS : désolée pour ma réponse tardive mais je n'arrivais pas à poster :wall:, j'espère que cette fois cela va marcher  :pray:

lalita

CitationPS : désolée pour ma réponse tardive mais je n'arrivais pas à poster Prise de tête, j'espère que cette fois cela va marcher  Prie

abon pourquoi ? Tu peux nous en dire plus qu'on puisserégler le problème rapidement pour ld'autres internautes qui n'y arriveraient pas non plus ?
Vas-y clic pour TAHO !!

http://www.myspace.com/taholian

Masette

Et bien en fait si j'essaie de me logger en utilisant "identifiez-vous" en haut à droite du site, il continue d'afficher Invité alors qu'il me signale dans les membres actifs, et bien évidemment il ne permet pas de poster. Puis il se bloque et il faut que je parte du forum et que je revienne pour me logger.

Si j'utilise l'onglet "Identifiez-vous", pour que cela marche il faut que je laisse "60 minutes". Au début je mettais "Toujours" et cela posait le même problème.

Grosso modo le problème semble venir du temps de connexion "Toujours".

J'espère que j'ai été claire.